WordPress en chiffres : évolution et usages réels

WordPress est souvent jugé sur des clichés. Cet article analyse les chiffres réels, l’évolution du CMS sur dix ans et ses usages concrets, pour comprendre où WordPress est pertinent… et où il ne l’est pas.

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13–19 minutes
Illustration montrant WordPress au centre de différents usages du web : statistiques de croissance, médias, e-commerce WooCommerce, institutions publiques et sites professionnels, symbolisant la diversité des usages réels du CMS.
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WordPress est souvent résumé à une statistique choc ou à une opinion tranchée.
« Trop vieux », « trop lourd », « pas fait pour les gros sites »… ou à l’inverse « incontournable », « universel », « imbattable ».

La réalité est plus nuancée.

L’objectif ici n’est pas de défendre WordPress, mais de le regarder tel qu’il est réellement utilisé aujourd’hui.

Dans cet article, on fait le point sans posture partisane :

  • ce que disent vraiment les chiffres,
  • comment WordPress a évolué sur 5 à 10 ans,
  • qui l’utilise aujourd’hui, et pour quels types de projets,
  • pourquoi de grands acteurs continuent de s’appuyer dessus,
  • et surtout, ce que WordPress n’est pas — pour éviter les mauvais choix.

1. Part de marché : un leadership… à relativiser

WordPress domine largement le marché des CMS.
Mais cette domination mérite d’être lue avec un minimum de recul.

Oui, WordPress équipe une très grande part des sites utilisant un CMS.
Oui, il est présent aussi bien sur des blogs personnels que sur des sites institutionnels ou e-commerce.

Illustration montrant la diversité des sites web et des usages des CMS, avec WordPress comme socle dominant parmi une grande variété de projets.
WordPress domine le marché des CMS en volume, mais cette position recouvre des réalités très différentes : petits sites peu maintenus, projets éditoriaux structurés, plateformes e-commerce ou institutionnelles. La part de marché mesure une adoption, pas un niveau de qualité.

Mais :

  • cette part inclut beaucoup de petits sites, parfois peu maintenus,
  • elle ne dit rien de la qualité des implémentations,
  • elle ne signifie pas que WordPress est toujours le meilleur choix.

Les chiffres décrivent une adoption, pas un niveau de qualité.

Le vrai enseignement n’est pas “WordPress est partout”, mais plutôt : WordPress est suffisamment flexible pour couvrir des usages très différents, du plus simple au plus structuré.

WordPress en chiffres (usage global)

Part du web

Diagramme circulaire montrant la part de WordPress (43%) par rapport aux autres technologies (57%) dans le web mondial.

• WordPress propulse environ 43 % de tous les sites web dans le monde (tous sites confondus, CMS ou non).

Part du marché des CMS

Diagramme circulaire montrant la part de marché des CMS en 2025, avec WordPress à 62%.

Parmi les sites utilisant un CMS, WordPress détient ~61–63 % de parts de marché.
Ce n’est pas un petit écart : plus de 10× plus que Shopify ou Wix en parts CMS.

CMS Part du marché CMS (2025)

  • WordPress : 62 %
  • Shopify : 7 %
  • Wix : 6 %
  • Squarespace : 3 %
  • Joomla : 2 %
  • Drupal : 1 %
  • Autres CMS notables (longue traîne) : 19 %
    regroupe l’ensemble des solutions minoritaires (Webflow, Adobe CMS, CMS propriétaires, etc.).

Évolution dans le temps

Graphique montrant l'évolution de la part de WordPress sur le web de 2017 à 2025.

Année % des sites web

  • 2017 ~27 %
  • 2020 ~35 %
  • 2024 ~43 %
  • 2025 ~43–44 %

La croissance est continue sur une dizaine d’années, même si elle commence à s’aplatir — signe d’un marché arrivé à maturité, pas d’un déclin.

E-commerce : Woocommerce alimente environ 22 % des 1 million de plus gros sites e-commerce mondiaux.

2. Évolution sur 10 ans : une rupture lente mais mesurable

Frise chronologique illustrant l’évolution de WordPress entre 2014 et 2025, montrant le passage d’un CMS éditorial centré sur les thèmes, à la rupture Gutenberg, puis à une architecture blocs et Full Site Editing stabilisée.
Évolution de WordPress sur dix ans.

WordPress n’a pas évolué par ruptures spectaculaires visibles du grand public, mais par transformations structurelles progressives, mesurables dans les usages, l’adoption et l’architecture.

Avant (≈ 2014–2017) : un CMS éditorial dominant, mais encore très “blog”

À cette période, WordPress est déjà le CMS dominant sur le web.
Il s’impose principalement pour des usages éditoriaux classiques : blogs, sites vitrines simples, premiers sites institutionnels. Son succès repose sur une prise en main accessible et une grande liberté de personnalisation, mais cette liberté reste largement réservée aux développeurs.

Contexte technique et usages

À l’époque, WordPress se caractérise par :

  • un usage majoritairement centré sur le contenu éditorial,
  • une architecture fortement dépendante des thèmes PHP,
  • une personnalisation avancée qui passe presque toujours par le code.

Le thème concentre alors la structure, le design et une partie de la logique fonctionnelle. Modifier un site implique souvent d’intervenir directement dans les fichiers du thème, ce qui limite l’autonomie des équipes non techniques.

Données de marché

Cette approche n’empêche pas WordPress de continuer à progresser.
En 2017, il propulse déjà environ 27 % de l’ensemble des sites web, tous types confondus. Malgré ses limites structurelles, le CMS répond efficacement à un besoin massif de publication de contenus.

Limites structurelles

Ce modèle montre toutefois ses faiblesses :

  • la personnalisation avancée reste réservée aux développeurs,
  • la dépendance au thème rend les évolutions délicates,
  • l’écosystème de plugins, très riche, manque parfois d’homogénéité.

À ce stade, WordPress est avant tout un CMS éditorial extensible : robuste, éprouvé, mais encore très dépendant de son thème et peu adapté aux logiques de construction modulaire modernes.

Transition (≈ 2018–2021) : Gutenberg et la fracture culturelle

La période 2018–2021 marque un tournant important dans l’évolution de WordPress.
Avec la sortie de WordPress 5.0 fin 2018, l’éditeur de blocs Gutenberg est intégré au cœur du CMS. Ce changement dépasse largement la question de l’interface : il modifie en profondeur la manière de concevoir et de structurer les contenus.

Un changement de modèle, pas seulement d’outil

Gutenberg introduit une nouvelle logique de construction des pages, basée sur des blocs indépendants et réutilisables.

Ce modèle remet en cause plusieurs fondations historiques de WordPress :

  • le recours massif aux shortcodes,
  • la dépendance aux builders propriétaires,
  • la séparation rigide entre contenu et mise en page.

Le contenu n’est plus un simple flux de texte enrichi, mais un assemblage de composants structurés. Cette approche ouvre la voie à des contenus plus modulaires et plus cohérents, mais elle impose aussi un changement d’habitudes profond.

Une fracture culturelle réelle

Cette évolution provoque une rupture nette dans l’écosystème.
Développeurs, agences et utilisateurs se retrouvent partagés entre l’ancien modèle, éprouvé mais limité, et un nouveau paradigme encore jeune, parfois instable et mal compris. Pendant plusieurs années, les deux approches cohabitent difficilement : éditeur classique contre éditeur de blocs, thèmes PHP traditionnels contre premières implémentations orientées blocs.

Les critiques sont nombreuses, parfois très virulentes. Pourtant, cette contestation n’a pas l’effet que certains anticipaient.

Une adoption qui se poursuit

Malgré les résistances, les chiffres montrent une tendance claire.

Entre 2017 et 2020, WordPress passe d’environ 27 % à 35 % du web mondial. La croissance ne ralentit pas, signe que cette transition, bien que heurtée sur le plan culturel, ne remet pas en cause l’adoption globale du CMS.

Cette période correspond donc à une rupture culturelle majeure, mais encore techniquement incomplète. Les bases sont posées, le modèle est là, mais son exploitation reste partielle. La phase de maturité viendra ensuite.

Aujourd’hui (≈ 2022–2025) : stabilisation et maturité

Depuis 2022 WordPress entre clairement dans une phase de stabilisation.
Les grandes ruptures sont derrière lui. Le CMS ne cherche plus à bouleverser ses usages, mais à consolider un modèle désormais cohérent, centré sur les blocs et la séparation des responsabilités.

Une architecture enfin lisible

Cette période se caractérise par une clarification nette de l’architecture interne de WordPress. Plusieurs évolutions convergent dans le même sens :

  • la généralisation de l’éditeur de blocs, devenu la norme,
  • la stabilisation progressive du Full Site Editing (FSE),
  • l’introduction de theme.json comme point central de configuration,
  • une séparation plus claire entre structure, design et contenu.

Concrètement, le thème n’est plus un bloc monolithique qui fait tout.
La structure est définie par des templates, le design par des règles globales, et le contenu reste manipulable sans casser l’ensemble. Cette évolution change profondément la manière de concevoir des sites WordPress : on parle moins de “bidouille” et davantage d’architecture.

Des chiffres qui confirment la maturité

Cette stabilisation ne s’est pas faite au détriment de l’adoption.
En 2024–2025, WordPress propulse environ 43 à 44 % de l’ensemble des sites web, tous CMS confondus. Parmi les sites utilisant un CMS, il représente toujours environ 61 à 63 % des parts de marché.

Ces chiffres confirment deux choses importantes :

  • WordPress continue de progresser sur le long terme,
  • la croissance commence à se tasser légèrement, non par désintérêt, mais parce que le marché arrive à un niveau de saturation logique.

D’un outil en mutation à un socle stabilisé

Ce léger tassement est typique des technologies arrivées à maturité.
WordPress n’est plus dans une phase d’expérimentation permanente, mais dans une logique d’industrialisation : amélioration continue, standardisation des pratiques, réduction des angles morts techniques.

Après dix ans de transformation progressive, WordPress n’est plus simplement “un CMS populaire”.

Il est devenu un socle stable et structuré, capable de supporter des projets durables — à condition, comme toujours, d’être correctement conçu et maintenu.

Indicateur e-commerce : WooCommerce comme révélateur

L’évolution de WordPress ne se lit pas uniquement à travers le contenu éditorial.
Elle est aussi très visible dans le domaine du e-commerce, via l’usage de Woocommerce.

Les données montrent que WooCommerce alimente aujourd’hui environ 22 % des plus gros sites e-commerce mondiaux. Ce chiffre est significatif : il ne concerne pas des micro-boutiques ou des projets marginaux, mais bien des sites à fort trafic et à enjeux économiques réels.

Cette adoption traduit un changement clair de perception. WordPress n’est plus cantonné aux blogs ou aux sites de contenu. Il est utilisé comme socle e-commerce, à condition que le projet soit correctement cadré sur le plan technique : architecture claire, performances maîtrisées, hébergement adapté et logique métier cohérente.

Autrement dit, WordPress n’est pas intrinsèquement une solution e-commerce lourde ou limitée.
Il le devient surtout lorsque le projet est mal structuré. Bien conçu, il peut au contraire soutenir des plateformes commerciales complexes, durables et évolutives.

3. Quels types de sites tournent sous WordPress aujourd’hui ?

Infographie montrant les principaux types de sites utilisant WordPress aujourd’hui : médias à fort volume, collectivités et institutions, sites e-commerce avec WooCommerce, et sites vitrines pour PME, organisés autour du cœur WordPress.
Quels types de sites tournent sous WordPress aujourd’hui ?

Contrairement aux clichés, WordPress ne sert pas qu’à faire des blogs personnels.

Il alimente aujourd’hui des sites très différents, par leur volume, leur public et leurs contraintes techniques.

Sites vitrines professionnels

C’est de loin l’usage le plus répandu de WordPress, et paradoxalement l’un des moins visibles dans les discours.
On parle ici de sites qui ne cherchent pas à impressionner techniquement, mais à remplir une fonction claire et durable : présenter une activité, informer, rassurer, et servir de point d’entrée principal vers une organisation.

On retrouve notamment WordPress sur :

  • PME, artisans et indépendants, pour qui le site est souvent le premier canal de contact,
  • institutions locales et associations, qui doivent publier régulièrement sans dépendre d’une refonte constante,
  • cabinets médicaux et structures éducatives, avec des besoins simples mais critiques (informations pratiques, formulaires, mises à jour).

Cela représente des milliers de sites, souvent sobres en apparence, mais centraux pour l’activité quotidienne de leurs structures.

Collectivités locales et territoires

L’usage institutionnel de WordPress est beaucoup plus large qu’on ne l’imagine.

De nombreuses villes, départements et intercommunalités s’appuient sur ce CMS pour leur communication officielle, avec des contraintes fortes de clarté, d’accessibilité et de maintenance dans le temps.

En France, on retrouve WordPress sur des sites comme :

  • Bergerac, Talence, Albi, Guérande, Falaise, Pontarlier,
  • le Département de la Meuse ou de la Charente-Maritime,
  • L’Agglomération de La Rochelle.

Dans ces contextes, WordPress sert de CMS éditorial multi-auteurs, capable de tenir dans la durée, avec une logique de communication institutionnelle et une maintenance maîtrisée.

Offices de tourisme

Le secteur du tourisme constitue un cas d’usage particulièrement révélateur des capacités réelles de WordPress.

Ces sites cumulent en effet plusieurs contraintes : volume de contenus, saisonnalité, mise à jour fréquente, parfois multilingue, et intégration de données pratiques.

On retrouve WordPress sur des plateformes comme :

  • Mayenne Tourisme, Somme Tourisme, Tourisme Bretagne,
  • Ariège Pyrénées, Canet-en-Roussillon, Aigues-Mortes,
  • Lac du Der, Arbois Tourisme.

Ces sites illustrent bien la capacité de WordPress à gérer de gros volumes de contenus, des agendas, des cartes, des points d’intérêt (POI) et des logiques multilingues, à condition que l’architecture soit pensée dès le départ.

Médias et sites éditoriaux à fort volume

WordPress reste une référence solide pour la gestion de contenus complexes, à condition d’être correctement architecturé.
Conçu à l’origine pour l’édition, le CMS a progressivement évolué pour répondre à des contraintes bien plus exigeantes que la simple publication d’articles : volumes importants, organisation fine des contenus, multiplication des auteurs et continuité éditoriale sur le long terme.

Magazines et médias

Dans le secteur des médias, WordPress est utilisé par des sites qui doivent publier en continu, gérer des flux d’articles importants et maintenir des archives accessibles dans le temps.

L’enjeu principal n’est pas tant le design que la capacité à structurer l’information, à la faire circuler efficacement et à garantir une expérience de lecture cohérente, même sur des volumes très élevés.

On retrouve notamment WordPress sur des titres comme :

  • Rolling Stone,
  • New York Post,
  • 9to5Mac,
  • TechCrunch.

Ces médias s’appuient sur WordPress comme sur un socle éditorial robuste, souvent complété par des développements spécifiques, afin d’absorber le trafic, de gérer des équipes rédactionnelles étendues et de faire vivre des archives conséquentes sans rupture technique.

Blogs et plateformes institutionnelles

Au-delà des médias traditionnels, WordPress est également largement utilisé par des organisations et des marques pour structurer leur communication éditoriale sur le long terme.
Ici, l’enjeu n’est pas la publication à la minute, mais la clarté du message, la hiérarchisation des contenus et la capacité à maintenir un discours cohérent malgré la diversité des contributeurs.

Des plateformes comme :

  • TED Blog,
  • Microsoft News,
  • Amnesty International,
  • PlayStation Blog,

s’appuient sur WordPress pour organiser des contenus institutionnels, pédagogiques ou informatifs, produits par plusieurs équipes et destinés à s’inscrire dans la durée.

Dans ces contextes, WordPress permet de gérer efficacement des hiérarchies de contenus complexes, des équipes multi-auteurs, des workflows éditoriaux et un archivage massif, tout en conservant une souplesse suffisante pour évoluer sans remise en cause globale.

Institutions publiques et sites gouvernementaux

C’est un point souvent absent des débats autour de WordPress, alors qu’il est pourtant très révélateur de ses capacités réelles.

Le CMS est utilisé par des institutions publiques de premier plan, dont les contraintes dépassent largement celles de la majorité des sites privés.

On retrouve notamment WordPress sur :

  • White House,
  • NASA,
  • Prime Minister of India.

Ces sites partagent des exigences très spécifiques.
Ils doivent publier de l’information officielle rapidement, absorber des pics de trafic importants lors d’annonces majeures, respecter des normes strictes d’accessibilité, et garantir une pérennité technique sur le long terme.

Dans ces contextes, WordPress est utilisé avant tout comme une plateforme de diffusion fiable. Il permet de séparer clairement le contenu de l’infrastructure, tout en s’intégrant à des environnements techniques plus larges : CDN, systèmes de cache avancés, infrastructures cloud ou architectures distribuées.

Le choix de WordPress par ces institutions n’est donc ni idéologique, ni dicté par un effet de mode.
Il est fondamentalement pragmatique. WordPress permet d’éviter la dépendance à un éditeur propriétaire, de s’appuyer sur une technologie largement documentée et maintenue, et de constituer des équipes capables de reprendre, faire évoluer et sécuriser la plateforme sans verrou technologique.

Autrement dit, WordPress n’est pas utilisé ici comme un “outil simple”, mais comme un socle maîtrisable, compatible avec des exigences institutionnelles élevées et des contraintes de service public.

E-commerce sous WordPress : un usage courant, mais exigeant

Il s’agit surtout de projets e-commerce adossés à un fort besoin éditorial, ce qui correspond précisément au positionnement historique de WordPress.

Avec WooCommerce, WordPress est couramment utilisé pour :

  • des boutiques de petite à moyenne taille, souvent locales ou spécialisées,
  • des catalogues produits ciblés, avec un nombre limité de références mais une forte valeur ajoutée,
  • la vente de services, de formations ou de contenus numériques.

Dans ces configurations, WordPress ne sert pas uniquement à vendre.
Il sert aussi à expliquer, rassurer, documenter et contextualiser l’offre. C’est précisément dans ce type de projets que WooCommerce est pertinent : lorsque la boutique n’est pas isolée, mais intégrée à un site de contenu plus large, orienté information, pédagogie ou expertise.

Une solution performante… sous conditions

Dire que WooCommerce est performant n’a de sens que si l’on précise à quelles conditions.
Contrairement à des solutions e-commerce fermées, WordPress n’impose pas de cadre strict : il laisse une grande liberté de conception, ce qui peut être un avantage réel… ou une source de dérive.

Un projet e-commerce sous WordPress fonctionne correctement lorsque :

  • l’architecture est pensée dès le départ (produits, catégories, contenus),
  • le nombre de plugins reste maîtrisé,
  • l’hébergement est dimensionné en fonction des usages réels,
  • les performances sont suivies dans le temps,
  • la maintenance est considérée comme une composante normale du projet.

À l’inverse, les difficultés apparaissent presque toujours lorsque WooCommerce est utilisé comme un simple empilement de fonctionnalités, sans vision globale.
Il ne s’agit pas d’une limite intrinsèque de l’outil, mais d’une conséquence directe de son haut niveau de flexibilité.

En résumé, WordPress avec WooCommerce n’est pas une solution e-commerce « clé en main » universelle.
C’est un socle puissant et adaptable, particulièrement pertinent pour des boutiques où le contenu, le SEO et la pédagogie jouent un rôle central — à condition que le projet soit correctement cadré sur le plan technique.

4. Pourquoi WordPress reste utilisé dans des contextes exigeants

Illustration représentant des usages exigeants de WordPress : site institutionnel, média à fort trafic, infrastructure technique sécurisée et publication à grande échelle.
WordPress est utilisé dans des contextes à fortes contraintes

Il s’agit ici des mêmes types d’acteurs que ceux évoqués plus haut : médias à fort volume éditorial, institutions publiques, organisations internationales ou structures disposant d’équipes techniques internes.
Autrement dit, des organisations confrontées à de vraies contraintes de publication, de pérennité et d’exploitation technique.

Si WordPress était réellement dépassé ou inadapté à ce type de contexte, ces structures l’auraient abandonné depuis longtemps. Or ce n’est pas le cas. Elles continuent de s’appuyer dessus, parfois de manière très encadrée, parce que le rapport liberté / coût / pérennité reste pertinent face à des solutions plus fermées.

Ce qu’elles recherchent

Dans ces contextes, WordPress est choisi pour des raisons très concrètes :

  • l’indépendance vis-à-vis d’un éditeur fermé,
  • un écosystème large, mais non obligatoire,
  • une facilité de recrutement liée à la diffusion massive de la technologie,
  • une évolutivité progressive, sans refonte complète à chaque étape.

WordPress n’est donc pas retenu pour sa simplicité apparente, mais pour sa maîtrisabilité dans le temps, dans des environnements déjà complexes.

5. Ce que WordPress n’est pas (et n’a jamais été)

WordPress n’est pas :

  • un générateur de sites magiques,
  • une solution no-code illimitée,
  • un framework temps réel,
  • un outil universel sans compromis.

Il ne compense pas :

  • une architecture mal pensée,
  • un mauvais hébergement,
  • des plugins hasardeux,
  • l’absence de maintenance.

Quand un site WordPress est lent ou fragile, le problème vient presque toujours de son implémentation, pas du CMS.

C’est précisément pour répondre à ces dérives qu’une création ou une refonte de site WordPress doit être pensée comme une base structurée, évolutive et cohérente dans le temps, et non comme un simple assemblage d’outils.

En résumé

WordPress reste massivement utilisé, non par habitude, mais parce qu’il a su évoluer sans se renier.

  • Il domine le marché, mais ce chiffre seul ne suffit pas.
  • Il a profondément changé en 10 ans.
  • Il alimente des projets très différents.
  • Il est encore choisi par des acteurs exigeants.
  • Il n’est ni une solution miracle, ni un outil dépassé.

WordPress est avant tout un socle.
C’est la manière dont on le construit, le structure et le maintient qui fait la différence.

FAQ — WordPress, usages réels et limites

WordPress est-il adapté à un site professionnel de PME ?

Oui. C’est même l’un de ses usages les plus courants.
À condition que le site soit conçu comme un outil durable (structure claire, maintenance prévue), et non comme un simple site “posé une fois et oublié”.

Les chiffres prouvent-ils que WordPress est le meilleur CMS ?

Non.
Ils montrent qu’il est massivement utilisé, pas qu’il est toujours le meilleur choix.
Un CMS se juge sur l’adéquation avec le projet, pas sur sa part de marché.

Peut-on faire un site complexe avec WordPress ?

Oui.
WordPress est utilisé pour des médias, des institutions et des plateformes à fort trafic.
Mais cette capacité suppose une architecture pensée, un hébergement adapté et des choix techniques maîtrisés.

WooCommerce est-il suffisant pour un e-commerce sérieux ?

Oui, dans de nombreux cas.
WooCommerce fonctionne très bien pour des boutiques où le contenu, le SEO et la pédagogie sont centraux.
Les limites apparaissent surtout quand la boutique est construite sans vision globale.

WordPress est-il trop lourd pour un petit site ?

Non, s’il est utilisé avec sobriété.
Un WordPress bien configuré peut rester simple, rapide et léger.
La lourdeur vient presque toujours de mauvais choix

Quand WordPress n’est-il pas le bon choix ?

Quand le projet repose sur du temps réel intensif, des logiques applicatives complexes ou des usages très éloignés de la publication de contenu.
Dans ces cas, d’autres solutions sont plus adaptées.

WordPress est-il une solution “clé en main” ?

Non.
C’est un socle.
Il demande des choix, une maintenance et une vision à moyen terme.

Sources

• W3Techs – Usage of Content Management Systems

• Kinsta – WordPress Market Share & Statistics

• Kinsta – WooCommerce Statistics

• BuiltWith – CMS & e-commerce usage data

(Exemples de sites identifiés par détection technique – BuiltWith / Wappalyzer, et non par inscription déclarative.)