L’accessibilité web est souvent présentée comme une norme, une obligation ou une affaire de conformité. On pense au RGAA, aux audits, aux critères techniques, aux contrastes, aux alternatives textuelles, aux formulaires correctement balisés.
Tout cela compte. Mais à force de parler de règles, on peut perdre de vue l’essentiel : l’accessibilité concerne des personnes.
Les chiffres publiés par l’INSEE et la DREES permettent de remettre cette réalité au centre. Ils montrent que les difficultés numériques ne touchent pas tout le monde de la même manière. À âge comparable, les personnes en situation de handicap déclarent plus souvent ne jamais pratiquer certains usages numériques, ou rencontrer des difficultés lorsqu’elles les pratiquent.
Ce n’est pas une raison pour dire que chaque difficulté vient d’un site mal conçu. Ce serait trop rapide. Mais c’est une raison solide pour prendre la conception web au sérieux : un site peut réduire une difficulté, ou l’aggraver.
Des chiffres qui donnent l’échelle du sujet
Les données utilisées ici viennent de l’enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire, exploitée par la DREES dans des publications de 2024, puis reprise dans l’édition 2025 d’Insee Références consacrée au numérique.
Ces pourcentages ne sont pas de simples comptages bruts des personnes interrogées. Ils sont issus d’une enquête statistique représentative des personnes vivant à domicile ou en logement ordinaire en France métropolitaine. Ils doivent donc être lus comme des estimations pour cette population
22 300 personnes
ont répondu à l’enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire. C’est la base statistique utilisée pour mesurer les usages numériques des personnes vivant à domicile.
14,5 M de personnes
de 15 ans ou plus déclarent au moins une limitation fonctionnelle importante. Cela peut concerner une difficulté motrice, sensorielle, cognitive ou relationnelle.
4,6 M de personnes
de 15 ans ou plus déclarent une restriction forte dans les activités habituelles depuis au moins six mois. Dans cet article, c’est ce groupe que l’on appelle, pour simplifier, les personnes handicapées*.
Ces ordres de grandeur donnent l’échelle du sujet. Les tableaux INSEE permettent ensuite de regarder comment ces situations se traduisent dans des usages très concrets : démarches, achats, recherche d’information, messagerie ou utilisation d’un ordinateur.
Les difficultés numériques sont plus fréquentes en situation de handicap
La fiche INSEE ne se contente pas de juxtaposer des chiffres sur le handicap, l’âge et le numérique. Elle croise directement ces dimensions.
Elle distingue notamment :
- les personnes sans handicap déclaré dans l’enquête ;
- les personnes handicapées au sens de la restriction globale d’activité : elles se déclarent fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles ;
- les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère : difficulté sévère motrice, sensorielle, cognitive ou relationnelle. La source parle de limitation sévère.
Dans la suite de l’article, pour alléger la lecture, l’expression « personnes handicapées » renvoie à cette définition statistique de la restriction globale d’activité. Ce n’est pas une appréciation vague : c’est la catégorie utilisée par l’enquête.
Il faut aussi distinguer deux lectures.
Quand le tableau parle d’absence de pratique, il répond à cette question :
Parmi les personnes du même âge et de la même situation de handicap, quelle part ne pratique jamais tel usage numérique ?
Quand il parle de difficultés, il répond à une autre question :
Parmi les personnes qui utilisent déjà l’outil ou le service numérique concerné, quelle part déclare rencontrer des difficultés ?
La nuance est importante. Une personne peut ne jamais faire une démarche en ligne. Une autre peut la faire, mais avec difficulté. Les deux situations ne racontent pas exactement la même chose.
Les démarches en ligne comme baromètre des difficultés

Les démarches administratives en ligne sont un bon baromètre. Elles prennent de plus en plus de place dans la vie quotidienne, souvent sous l’effet de la dématérialisation poussée par les administrations. Quand une démarche se fait surtout en ligne, la difficulté numérique devient beaucoup plus concrète.
Mais ce n’est pas le seul sujet. Pour un site professionnel, vitrine ou e-commerce, les usages les plus directement parlants sont aussi la recherche d’information et l’achat en ligne. Ce sont précisément des situations où les visiteurs cherchent à comprendre une offre, trouver un prix, comparer, réserver, commander ou demander un contact.
Avant d’y venir, les démarches administratives permettent de voir clairement que le handicap compte aussi chez des adultes qui connaissent déjà le web.
Comparaison des 18-29 ans qui ne font jamais de démarche administrative en ligne, handicapés ou non.
Même chez les 18-29 ans, les écarts sont visibles. 4,1 % des personnes sans handicap de 18 à 29 ans ne font jamais de démarche administrative en ligne. Chez les personnes handicapées* de 18 à 29 ans, 21,8 % ne font jamais de démarche administrative en ligne, soit environ 5 fois plus.
Comparaison des 30-44 ans qui ne font jamais de démarche administrative en ligne, handicapés ou non.
La tranche 30-44 ans va dans le même sens. Ce sont des adultes qui, en théorie, appartiennent à des générations déjà familiarisées avec le web, les comptes en ligne, les formulaires, les achats et les démarches numériques. Pourtant, 3 % des personnes sans handicap de 30 à 44 ans ne font jamais de démarche administrative en ligne. Chez les personnes handicapées* de 30 à 44 ans, 15,7 % ne font jamais de démarche administrative en ligne, soit environ 5 fois plus.

Ce graphique compare la part des personnes ne faisant jamais de démarche administrative sur Internet, selon cinq classes d’âge et trois situations : sans handicap, restriction globale d’activité, limitation sévère. À âge comparable, les personnes ayant une restriction globale d’activité déclarent plus souvent ne jamais faire de démarche administrative en ligne. L’écart est déjà visible chez les 18-29 ans : 4,1 % des personnes sans handicap ne pratiquent jamais cet usage, contre 21,8 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 9,1 % des personnes ayant une limitation sévère. Chez les 30-44 ans, l’écart reste marqué : 3 % sans handicap, 15,7 % avec restriction globale d’activité, 7,6 % avec limitation sévère. L’âge accentue fortement le phénomène. Chez les 75 ans ou plus, 44 % des personnes sans handicap ne font jamais de démarche administrative en ligne, contre 77 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 73,6 % des personnes ayant une limitation sévère. Source : DREES, enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire ; Insee Références, Numérique, édition 2025.
L’écart ne commence pas après 60 ans.
L’écart ne commence donc pas après 60 ans. Il existe déjà chez les plus jeunes et chez des adultes que l’on pourrait croire spontanément à l’aise avec le numérique. Le tableau ne dit pas pourquoi. Il ne mesure pas la cause exacte. Mais il montre bien que, à âge comparable, les personnes handicapées* sont plus nombreuses à ne pas pratiquer certains usages numériques.
Pour un site web, cela renvoie directement à la clarté des formulaires, aux aides de saisie, aux messages d’erreur, à la possibilité de reprendre une démarche, au contact humain et aux alternatives quand le parcours bloque.
* Dans cet article, « personnes handicapées » désigne les personnes déclarant une restriction globale d’activité dans l’enquête Autonomie 2022 : elles sont fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles. Les graphiques isolent aussi une autre catégorie statistique : les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère.
Chercher une information ou acheter : le sujet concerne directement les sites professionnels

Les démarches administratives montrent un problème de fond. Mais pour les sites professionnels, vitrines ou e-commerce, deux usages sont encore plus proches du quotidien d’un site web : chercher une information et acheter.
Une page de service, une fiche produit, une page contact, une FAQ, un moteur de recherche interne, une page tarif, une réservation ou un panier sont directement concernés.

Ce graphique compare la part des personnes ne recherchant jamais d’informations sur Internet, selon cinq classes d’âge et trois situations : sans handicap, restriction globale d’activité, limitation sévère. À âge comparable, les personnes ayant une restriction globale d’activité déclarent plus souvent ne jamais rechercher d’informations sur Internet. L’écart est déjà visible chez les 18-29 ans : 0,4 % des personnes sans handicap ne pratiquent jamais cet usage, contre 11,4 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 2,5 % des personnes ayant une limitation sévère. Chez les 30-44 ans, l’écart reste net : 0,6 % sans handicap, 8,8 % avec restriction globale d’activité, 3,7 % avec limitation sévère. L’âge accentue fortement le phénomène. Chez les 75 ans ou plus, 32,9 % des personnes sans handicap ne recherchent jamais d’informations sur Internet, contre 71,4 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 64,7 % des personnes ayant une limitation sévère. Source : DREES, enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire, repris dans Insee Références, Numérique, édition 2025, fiche 2.6, tableau complémentaire 1.
Comparaison des 30-44 ans qui ne recherchent jamais d’informations sur Internet, handicapés ou non.
Là encore, l’écart existe dès les premières classes d’âge. Chez les 30-44 ans, 0,6 % des personnes sans handicap ne recherchent jamais d’informations sur Internet. Chez les personnes handicapées* de 30 à 44 ans, 8,8 % ne recherchent jamais d’informations sur Internet.
Pour un site professionnel, cela touche un point central : si l’information est difficile à trouver, mal structurée, noyée dans une page trop dense ou accessible seulement via un parcours fragile, une partie du public décroche plus facilement.
* Dans cet article, « personnes handicapées » désigne les personnes déclarant une restriction globale d’activité dans l’enquête Autonomie 2022 : elles sont fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles. Les graphiques isolent aussi une autre catégorie statistique : les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère.
L’achat en ligne montre que l’accessibilité concerne aussi les parcours commerciaux
L’achat en ligne montre que le sujet ne concerne pas seulement les services publics. Pour un site marchand, une réservation en ligne ou un tunnel de commande, le parcours peut devenir une zone de décrochage : compte obligatoire, champs mal expliqués, paiement, panier, conditions de livraison, retour en arrière, confirmation.
L’âge reste évidemment important. Avec l’âge, l’absence de pratique numérique augmente pour tout le monde. Mais ce n’est pas le seul sujet de l’article : les écarts liés au handicap apparaissent déjà avant.
Comparaison des 18-29 ans qui ne font jamais d’achat en ligne, handicapés ou non.
Chez les 18-29 ans, 1 % des personnes sans handicap ne font jamais d’achat en ligne. Chez les personnes handicapées* de 18 à 29 ans, 19,6 % ne font jamais d’achat en ligne.
Comparaison des 30-44 ans qui ne font jamais d’achat en ligne, handicapés ou non.
Chez les 30-44 ans, 3,4 % des personnes sans handicap ne font jamais d’achat en ligne. Chez les personnes handicapées* de 30 à 44 ans, 16,2 % ne font jamais d’achat en ligne, soit près de 5 fois plus.

Ce graphique compare la part des personnes ne faisant jamais d’achats sur Internet, selon cinq classes d’âge et trois situations : sans handicap, restriction globale d’activité, limitation sévère. À âge comparable, les personnes ayant une restriction globale d’activité déclarent plus souvent ne jamais acheter sur Internet. L’écart est très visible chez les 18-29 ans : 1 % des personnes sans handicap ne pratiquent jamais cet usage, contre 19,6 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 5,6 % des personnes ayant une limitation sévère. Chez les 30-44 ans, l’écart reste marqué : 3,4 % sans handicap, 16,2 % avec restriction globale d’activité, 9,1 % avec limitation sévère. L’âge accentue fortement le phénomène. Chez les 75 ans ou plus, 57,2 % des personnes sans handicap ne font jamais d’achats sur Internet, contre 83,3 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 80,4 % des personnes ayant une limitation sévère. Source : DREES, enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire ; Insee Références, Numérique, édition 2025.
Un tunnel accessible n’est pas seulement conforme. Il est plus compréhensible, plus rassurant et plus tolérant aux erreurs.
* Dans cet article, « personnes handicapées » désigne les personnes déclarant une restriction globale d’activité dans l’enquête Autonomie 2022 : elles sont fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles. Les graphiques isolent aussi une autre catégorie statistique : les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère.
L’âge accentue les écarts, sans résumer le sujet
Les données montrent aussi que l’âge accentue fortement les écarts. Chez les 75 ans ou plus, 44 % des personnes sans handicap ne font jamais de démarche administrative en ligne. Chez les personnes handicapées* de 75 ans ou plus, 77 % ne font jamais de démarche administrative en ligne, soit une hausse de 33 points.
Pour l’achat en ligne, 57,2 % des personnes sans handicap de 75 ans ou plus ne font jamais d’achat sur Internet. Chez les personnes handicapées* de 75 ans ou plus, 83,3 % ne font jamais d’achat sur Internet, soit une hausse de 26 points.
Ce point est important, mais il ne doit pas masquer le reste : l’accessibilité ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Les écarts apparaissent aussi chez des adultes plus jeunes, dans des usages que l’on associe pourtant souvent à une pratique courante du web.
* Dans cet article, « personnes handicapées » désigne les personnes déclarant une restriction globale d’activité dans l’enquête Autonomie 2022 : elles sont fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles. Les graphiques isolent aussi une autre catégorie statistique : les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère.
Les difficultés concernent aussi les personnes qui utilisent déjà le numérique
Il ne faut pas réduire le sujet aux personnes qui n’utilisent jamais certains services. Les données montrent aussi des difficultés chez les personnes qui utilisent déjà le numérique.
Pour les démarches administratives en ligne, les écarts restent importants.

Ce graphique compare la part des personnes qui déclarent rencontrer des difficultés dans leurs démarches administratives en ligne, parmi celles qui utilisent ce service. Les résultats sont présentés selon cinq classes d’âge et trois situations : sans handicap, restriction globale d’activité, limitation sévère. À âge comparable, les difficultés déclarées sont plus fréquentes chez les personnes ayant une restriction globale d’activité ou une limitation sévère. Chez les 18-29 ans, 6,5 % des personnes sans handicap déclarent des difficultés, contre 19,7 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 15,8 % des personnes ayant une limitation sévère. Chez les 30-44 ans, l’écart reste marqué : 4,1 % sans handicap, 17,6 % avec restriction globale d’activité, 11,3 % avec limitation sévère. Chez les 75 ans ou plus, les difficultés concernent 26,9 % des personnes sans handicap utilisant ce service, contre 42,8 % des personnes ayant une restriction globale d’activité et 43,8 % des personnes ayant une limitation sévère. Ce graphique ne mesure pas l’absence d’usage, mais les difficultés rencontrées par les personnes qui utilisent déjà les démarches administratives en ligne. Source : DREES, enquête Autonomie 2022 en logement ordinaire ; Insee Références, Numérique, édition 2025.
Comparaison des 18-29 ans qui déclarent des difficultés dans les démarches administratives en ligne, handicapés ou non.
Chez les 18-29 ans qui utilisent les démarches administratives en ligne, 6,5 % des personnes sans handicap déclarent des difficultés. Chez les personnes handicapées* de 18 à 29 ans qui utilisent ce service, 19,7 % déclarent des difficultés, soit environ 3 fois plus.
Comparaison des 30-44 ans qui déclarent des difficultés dans les démarches administratives en ligne, handicapés ou non.
Chez les 30-44 ans qui utilisent les démarches administratives en ligne, 4,1 % des personnes sans handicap déclarent des difficultés. Chez les personnes handicapées* de 30 à 44 ans qui utilisent ce service, 17,6 % déclarent des difficultés, soit environ 4 fois plus.
Comparaison des 75 ans ou plus qui déclarent des difficultés dans les démarches administratives en ligne, handicapés ou non.
Chez les 75 ans ou plus qui utilisent les démarches administratives en ligne, 26,9 % des personnes sans handicap déclarent des difficultés. Chez les personnes handicapées* de 75 ans ou plus qui utilisent ce service, 42,8 % déclarent des difficultés, soit une hausse de 16 points.
C’est un point important : l’accessibilité ne concerne pas seulement l’accès initial au numérique. Elle concerne aussi la qualité du parcours pour les personnes qui utilisent déjà ces services.
C’est ici que les critères concrets prennent du sens : labels visibles, erreurs compréhensibles, étapes claires, aide contextuelle, boutons explicites, retour de confirmation, compatibilité clavier, lisibilité.
* Dans cet article, « personnes handicapées » désigne les personnes déclarant une restriction globale d’activité dans l’enquête Autonomie 2022 : elles sont fortement limitées depuis au moins six mois, à cause d’un problème de santé, dans les activités habituelles. Les graphiques isolent aussi une autre catégorie statistique : les personnes ayant au moins une limitation fonctionnelle sévère.
Chercher, acheter, écrire, demander : les usages web concernés

Les chiffres ne parlent pas d’un numérique abstrait. Ils parlent de gestes ordinaires :
- chercher une information ;
- envoyer un message ;
- faire une démarche ;
- acheter ;
- utiliser un ordinateur ou une tablette.
Les démarches administratives sont un baromètre utile, parce qu’elles concentrent beaucoup de difficultés : identification, compte, formulaire, justificatif, validation, message d’erreur. Mais pour la plupart des sites professionnels, les points les plus immédiats sont la recherche d’information et l’achat ou la réservation.
Autrement dit, les chiffres parlent de situations que l’on retrouve dans presque tous les projets web : une page de service, un formulaire de contact, un tunnel d’achat, une prise de rendez-vous, un espace client, une recherche d’information.
L’accessibilité web ne supprime pas toutes les difficultés numériques. Elle ne règle pas à elle seule les questions d’équipement, de formation, d’accompagnement ou de confiance.
Mais elle évite d’en ajouter.
Un formulaire clair, un message d’erreur compréhensible, un bouton explicite ou une page plus lisible peuvent faire la différence entre un parcours terminé et un abandon.
Les enseignements de cette étude pour la conception de site web

Ces données ne disent pas qu’un site web est responsable de toutes les difficultés numériques. Elles donnent un contexte.
Si certains publics rencontrent déjà davantage d’obstacles, alors les choix de conception comptent davantage.
Cela concerne notamment :
- les formulaires : labels visibles, aides, erreurs, confirmation ;
- la navigation : menus compréhensibles, liens explicites, repères stables ;
- la lisibilité : contrastes, taille du texte, hiérarchie, langage ;
- les tunnels d’achat : compte, panier, paiement, retour, confirmation ;
- les contacts : téléphone, email, formulaire, horaires, adresse ;
- l’aide : explications, FAQ utile, messages humains ;
- la performance : pages rapides, sans surcharge inutile.
Le RGAA donne les points de contrôle officiels pour l’accessibilité numérique : alternatives textuelles, contrastes, structure des titres, liens explicites, navigation clavier, formulaires correctement associés à leurs labels, aides de saisie, messages d’erreur compréhensibles, contenus multimédias accessibles.
Les chiffres donnent l’enjeu. Le référentiel donne les points à vérifier.
Ce qu’il faut retenir sur l’accessibilité web et les usages numériques
L’accessibilité n’est pas un supplément que l’on ajoute à la fin d’un projet. C’est une condition d’accès pour une part mesurable du public.
Les chiffres INSEE ne disent pas que chaque difficulté vient des sites web. Mais ils rappellent qu’un site mal conçu peut aggraver des obstacles déjà présents.
Un site accessible n’est pas seulement plus conforme. Il est souvent plus clair, plus simple à utiliser, plus rassurant et plus solide pour tout le monde.
Vos visiteurs ne rencontrent pas tous votre site dans les mêmes conditions
Les chiffres donnent l’échelle du sujet. Mais pour agir sur un site réel, il faut ensuite regarder les points concrets : formulaires, contrastes, navigation clavier, textes alternatifs, messages d’erreur et parcours d’achat ou de contact.
Pour passer des constats aux corrections, le RGAA donne un cadre de lecture utile : ce qu’il faut vérifier, ce qui bloque vraiment, et comment avancer par priorités.
Sources
- INSEE – Pratiques numériques des personnes handicapées, Insee Références, Numérique, édition 2025
- INSEE – Économie et société à l’ère du numérique, édition 2025
- INSEE – Fiche PDF 2.6, Pratiques numériques des personnes handicapées
- DREES – Le handicap en chiffres, édition 2024
- DREES – Le dispositif d’enquêtes Autonomie 2021-2025
- DREES – Perte d’autonomie à domicile : premiers résultats de l’enquête Autonomie 2022




